Ces deux termes reviennent parfois dans mes critiques et ne sont pas forcément intuitifs pour des joueurs ne connaissant pas le milieu du jeu.

Originellement, les jeux furent surtout créés aux USA et cherchaient à simuler des situations réelles (guerres, constructions de réseaux ferrés par exemple...). Ces jeux, très simulationnistes étaient relativement longs et complexes. Ils représentaient le gros de la production dans les années 80.

Au début des années 90, les allemands ont commencé à produire de plus en plus de jeux, une industrie naissante soutenue par un prix annuel, le célèbre Spiel des Jahres. Ces jeux se singularisaient par une durée réduite et des mécanismes plus abstraits. Leur intérêt majeur étaient de pouvoir attirés un nouveau public vers le jeu, car leur durée était plus compatible avec les obligations des gens.

Au cours des années 90, les jeux allemands sont devenus ultra majoritaires sur le marché, au point que la production de jeux américains avaient quasiment cessé. Mais, s’ils permettent de jouer plus facilement, les jeux allemands ont souvent un thème bien moins immersifs que les jeux américains et les parties plus courtes ne permettent souvent pas de mettre en place des grosses stratégies sur des parties de plusieurs heures. Au début des années 2000, le jeu allemand va proposer des jeux plus longs et plus immersifs comme La Città, Les princes de Florence ou Puerto Rico et séduire un nouveau public sans convaincre réellement les adeptes des jeux à l’américaine encore plus longs et immersifs que ces derniers.

C’est alors que les américains vont se réveiller, principalement avec l’éditeur Fantasy Flight Games qui va sortir plusieurs jeux aux thèmes vraiment immersifs et pouvant s’étendre sur quelques heures. Depuis quelques années, les deux écoles se développent plutôt bien, permettant à la plupart des joueurs de trouver leur bonheur même si cela passe par une offre pléthorique dans laquelle il n’est pas toujours facile de se retrouver.

Donc, quand je parle de jeux allemands, je parle de jeux de durée intermédiaire, avec un thème qui peut être très artificiel, avec assez peu de hasard. quand je parle de jeux américains, je parle de jeux plus longs, avec un thème très présent, où le hasard peut être plus présent (ce n’est pas une obligation, mais la simulation du réel entraine plus souvent une part d’aléatoire souvent là pour renforcer le thème). Evidemment, il existe de nombreux jeux que l’ont aurait du mal à classer dans l’une ou l’autre de ces catégories, mais elles permettent de définir, sur ce site en tout cas, un archétype. Etant plutôt amateur de belles mécaniques que de thème, j’ai une préférence pour les jeux issus de l’école allemande.